cours de philo Johan

19 novembre 2018

etre et avoir

Être ou avoir 

 

  Introduction : la crise du sens

 

Le monde dans lequel on vit est en crise. On a tendance à penser que la crise est seulement économique alors qu'en réalité elle est beaucoup plus profonde. On a affaire à une crise du sens. Qu'est-ce à dire ? Pour le comprendre, il faut réfléchir sur notre modèle de société uniquement tournée vers la consommation de masse. Chacun cherche le bonheur mais à travers uniquement l'acquisition et la possession de biens. Autrement dit, on pense qu'il suffit d'avoir des biens pour être bien. Voilà pourquoi toute notre existence se résume à avoir encore et toujours plus d'argent. L'argent devient l'unique valeur ce qui revient à dire qu'on laisse de côté toutes les valeurs fondamentales qui devraient guider nos vies : la spiritualité, la philosophie, la connaissance de soi et du monde. Or, dans ce contexte, si on est tellement aveuglé par la quête des biens qu'on ne fait jamais l'effort de prendre conscience de soi, des autres et du monde qui nous entoure ; comment pourrait-on être heureux ? Comment revenir à l'essentiel ? 

 

121 - Etre et Avoir

Exercice :

    écouter l'interview de Frédéric Lenoir En faire une synthèse  Rédiger un paragraphe argumenté pour, à partir de votre réflexion personnelle, discuter les thèses de Frédéric Lenoir Selon vous, l'appel à la pensée ou à la spiritualité est-il la solution à la crise actuelle ?

 

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La question du sens

I) La question du sens de l'existence

I) La question du sens de l'existence

rodin penseur

Introduction: L'existence a-telle un sens?

L’existence ici est synonyme de Vie. Le mot « sens », quant à lui, s’entend d’une double manière : le sens d’abord, c’est la direction comme quand on parle d’un sens interdit. Ensuite, le sens c’est la signification comme quand on parle du sens d’une question.

Donc, on n’a toujours pas répondu à notre question initiale, mais on s’est rendu compte en la questionnant, qu’elle portait en elle une autre question, elle-même porteuse d’un double questionnement : 1° : savoir si la vie a une direction 2° savoir si la vie a une signification.

 

a)

Pour la première question, la réponse est évidente : la vie a bien une direction ; on en connaît le point de départ ( = la naissance) et elle se dirige bien, de manière continue, vers un terme, vers une fin, qui est la mort.

En ce sens, imaginer une vie sans fin, imaginer la vie d’un être immortel, ce serait penser un être qui serait condamné à répéter indéfiniment les mêmes actions, un être dont la vie serait purement absurde puisqu’elle ne cesserait jamais de tourner en rond.(Cf. le mythe de Sisyphe, condamné par Zeus, à rouler éternellement un rocher jusqu’au sommet d’une pente, le rocher retombant alors chaque fois au bas de la pente). 

Donc, il est nécessaire de dire que c’est la mort qui donne sens à la vie : sans la mort, la vie n’aurait pas de sens, au sens giratoire du terme ; sans elle, en effet, on ne ferait jamais que tourner en rond.

Dès lors, plutôt que de fantasmer sur l’immortalité, il faut se réjouir d’être mortel, car l’immortalité aurait été synonyme pour nous de malheur absolu.

 

Défenseur du Temps-Monestier.VOB

b)

Donc, si c’est la mort qui donne sens à la vie, alors il faut dire que par définition, vivre c’est se mourir, et au regard de la mort que peut bien valoir une vie ? En effet, même si elle devait durer un an, dix ans, mille ans de plus, la durée de notre vie, quelle qu’elle soit, apparaît toujours comme quantité négligeable face à l’éternité qui la précède et à l’éternité qui la suit.

En d’autres termes, si c’est dans l’horizon de la mort que tout prend sens, quel peut bien être ce sens, si ce qui donne une signification à notre existence c’est qu’elle prenne fin, si le sens même du sens c’est la fin du sens : A quoi bon, alors, se signifier dans ce que l’on fait, si l’on est destiné à ne plus être ?

A cela, on pourrait répondre que cela a bien un sens de vouloir se distinguer dans la vie présente, histoire de ne pas passer pour rien. En effet, grâce à nos œuvres, qu’il s’agisse d’art, de science ou d’actes à portée politique, on se souviendra de nous dans le futur. Mais, même si notre présence aura changé le cours de l’Histoire, avec un « H » majuscule ; même si dans cent mille ans on devait encore se souvenir de mes œuvres, que seraient ces cent mille ans comparés à l’éternité où l’on m’aura oublié par la suite ? Et puis, finalement, une fois mort, que m’importe que l’on se souvienne de moi ? 

Par conséquent, mes œuvres, mes actions, ne peuvent avoir, pour moi, aucun sens puisque ce que je suis est voué irrémédiablement au néant c’est-à-dire au non-sens. N’est-il pas, dès lors, absolument insensé que de vouloir donner sens à son existence ?

 

c) L'hédonisme

Donc, si par définition, nous devons mourir, et que notre vie est toujours beaucoup trop courte, alors on n’a pas de temps à perdre, il ne faut pas attendre d’être vieux et de faire le triste constat du : « c’est trop tard » pour réaliser qu’on est passé à côté de sa vie : il faut au contraire, ici et maintenant, jouir au maximum de la vie. En effet, puisqu’on ne peut pas vivre éternellement, au moins faisons en sorte de vivre intensément : brûlons la vie par les deux bouts, cherchons à avoir un maximum de sensations, d’émotions.

En d’autres termes, comme Don Juan, il ne faut pas se poser de questions, ni s’imposer de limites, il faut vivre dans l’immédiateté, c’est-à-dire vivre dans le plaisir de l’instant. Peu importe que la femme que je croise soit jeune ou vieille, belle ou laide, mariée ou célibataire, la seule chose qui compte c’est que je la séduise pour en tirer un maximum de plaisir.

Don Giovanni Ouverture - 1987 Teatro alla Scala Muti

Dès lors, si l’on veut réussir sa vie, il faut se défaire de tous les interdits moraux et sociaux, satisfaire ses passions par tous les moyens et se dire comme Calliclès que : « la vie facile, l’intempérance, la licence (..) font le bonheur ». (Gorgias de Platon)

Mais il est étrange qu’à la question : comment donner sens à son existence ? On ait finalement répondu que c’est en se faisant plaisir, en suivant ses penchants, ses instincts, en bref, en se comportant comme un animal.

Donc, cela revient à dire en un mot que la vie la plus haute, la meilleure à laquelle pourrait aspirer un homme, c’est de vivre comme le dernier des animaux. Mais alors qu’est-ce qu’être un homme ? Autrement dit, on voit que l’on ne peut répondre à la question : «  comment donner sens à son existence ? » que si l’on se questionne, que si l’on réfléchit non sur l’existence ou sur le sens en général, mais si l’on réfléchit sur l’être qu’on est ici et maintenant. En bref, la question du sens est subordonnée à la connaissance de soi.

Et si être un homme ce n’est rien d’autre qu’être un animal, alors oui, il faut résolument « jouir sans entraves ». Mais si, comme on a commencé à l’esquisser, être un homme, c’est essentiellement chercher à se connaître soi-même, alors c’est ici et maintenant qu’il faut se mettre à philosopher.

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angoisse et divertissement

07 novembre 2017

1) angoisse et divertissement-

1. Le  Divertissement et l’illusion du bonheur

pascal

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Se divertir c’est aujourd’hui s’amuser, se distraire et on est spontanément persuadé que c’est dans nos divertissements, dans nos loisirs, dans « le have fun » qu’on s’épanouit pleinement, qu’on est heureux. Le monde est en crise, les valeurs semblent perdues mais que m’importe pourvu que je m’éclate.

Or, à travers cette réflexion, la part d’ombre du divertissement apparaît : après des nuits à s’éclater, on a du mal à cacher ses cernes et on aura beau s’amuser autant qu’on eut un jour ou l’autre la fatigue et la lassitude s’abattront sur nous. Pour le dire de manière encore plus expressive, après l’ivresse, le mal de crâne suit de façon inéluctable et plus que de mal de crâne ici, ce qui se fait jour c’est la tristesse du dégrisement. On a toujours le vin triste et on boit toujours plus pour essayer d’oublier cette tristesse. Comment, en effet, ne pas chercher à toujours boire plus, à toujours être plus ivre, quand on réalise ce qu’est le monde et surtout quand on réalise notre condition mortelle si fragile. Car, quand on y pense bien, non seulement on n’est rien mais, à supposer même qu’on puisse avoir l’illusion de pouvoir devenir quelqu’un, on est à coup sûr voué à mourir, c’est-à-dire voué au néant.

 

Voyez les effets du binge drinking sur le corps. Apprenez la vérité sur l'alcoolisme.

Fondation officielle pour un monde sans drogue : Alcool, effets de l'alcoolisme

http://fr.drugfreeworld.org

 

Or, c’est précisément ce néant, que l’on va chercher à fuir dans le divertissement : Il s’agit de ne plus penser à ce qui nous angoisse, il s’agit de ne plus penser,  de nous détourner d’une réalité et d’une condition déplaisante pour chercher à être heureux malgré tout.

Par là même, le malheur dont nous parle Pascal n’est pas contingent ni temporaire, il n’est pas lié au hasard de la vie et n’a rien d’accidentel mais bien au contraire c’est un malheur constitutif de notre existence. Notre condition est celle d’un être faible, mortel, exposé à la maladie, aux soucis et plus encore à la solitude. C’est tout cela que Pascal appelle la finitude. L’homme est donc  un être si « misérable » qu’il ne peut même pas penser à sa condition et qu’il est condamné  pour supporter cette misère à tout faire pour l’oublier.

Par conséquent, on voudrait absolument être heureux, on ne vit que pour être heureux et tout le paradoxe c’est qu’on ne peut pas jamais être heureux car on ne peut jamais échapper à l’ennui, c’est-à-dire à la prise de conscience du néant de notre existence.

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Pourtant, à travers le divertissement, on va tout faire pour essayer d’y échapper. Il faut insister ici sur le fait que le divertissement ne désigne pas seulement des activités frivoles mais que cela concerne aussi  des activités sérieuses ; plus largement le divertissement désigne toutes les actions, à travers lesquelles on s’efforce d’oublier notre condition, de ne pas penser à ce qui nous rendrait malheureux si nous le regardions en face. Chacun s’efforce donc comme il peut de se masquer son néant, de cacher ses malheurs, Voilà pourquoi il devient aussi important de sauver les apparences, de paraître quelqu’un, de sembler heureux. Ainsi, paradoxalement, alors qu’on n’est rien, c’est dans le regard des autres qu’on va paraître important, c’est dans le regard des autres qu’on va se sentir estimer, qu’on va se sentir aimer, qu’on va se sentir exister.  Et ce sentiment va justement faire qu’on va se sentir bien. Voilà pourquoi on est si préoccupé par le fait de plaire aux autres et d’être aimé car c’est dans ce sentiment qu’on pense trouver le bonheur, qu’on pense donner un sens à ce qu’on est et à son existence. Mais ce bonheur est purement illusoire :

L’homme du divertissement ne vit pas en lui et pour lui-même mais il existe hors de lui, par rapport aux autres et ce qui l’intéresse c’est d’avoir le plus grand pouvoir possible, le plus d’argent possible, le plus de biens possibles,  non pas parce que le pouvoir, l’argent et les biens vont le rendre heureux, mais parce qu’avec ce pouvoir et cet argent il va en imposer aux autres, il va s’imposer aux autres. En bref, le pouvoir et l’argent nous mettent à l’abri de ce que nous craignons le plus, le plus profond de nos malheurs : la solitude.

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Mais, pourquoi avons-nous si peur d’être malheureux ? Pourquoi avons-nous si peur de finir seul ? parce que dans la solitude il n’y a pas d’échappatoire possible, on est obligé de sortir de l’illusion qu’on se forge, qui nous aveugle et qui nous fait croire qu’on est heureux. Une fois qu’on est sorti du lycée, qu’on a fini de jouer avec ses potes, de chatter  avec ses pseudos amis, quand on se retrouve seul à seul avec soi-même. Alors les sourires s’effacent, les masques tombent et là à ce moment on peut penser à soi, à sa condition et malgré soi on prend conscience du néant, du vide existentiel  qui nous habite. 

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Epicurisme: bonheur et plaisir

II) Bonheur et sagesse

II ) Bonheur et sagesse

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1) Le quadruple remède d'Epicure: analyse de la lettre à Ménécée.AMenecee_cumnotis__1_

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La philosophie est une activité et comme toute activité, elle vise le bonheur. Or, pour être heureux il faut tout d'abord établir ce constat : “ nous sommes nés une fois, il n'est pas possible de naître deux fois et il faut n'être plus pour l'éternité. Pourtant, toi qui n'es pas de demain, tu ajournes la joie ; la vie périt par le délai et chacun meurt affairé ” (sentence vaticane 14) c'est-à-dire que, par notre nature même, nous devons mourir et donc nous n'avons pas de temps à perdre. Mais cela ne veut pas dire qu'il faut profiter n'importe comment de la vie car dans ce cas on n'atteint pas le bonheur. Donc, Epicure va nous proposer :

- une méthode : au lieu d'aller au bonheur spontanément c'est-à-dire au bonheur la chance, il faut se demander si l'on suit le bon chemin pour ne pas faire le triste constat du : “ c'est trop tard ”.

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- une philosophie : pour Epicure, la philosophie doit s'effectuer dans le présent: “ En philosophie la joie est immédiate ” ( Epicure Sentences vaticanes) “ La philosophie est une activité qui par des discours et des raisonnements nous procure la vie heureuse ” (Sextus Empiricus qui cite Epicure dans Contre les mathématiciens). La philosophie n'est pas une science, c'est un rapport de soi à soi qui engendre le bonheur : “ Dans les autres occupations, une fois qu'elles ont été menées à bien avec peine, vient le fruit ; mais, en philosophie, le plaisir vient en même temps que la connaissance car ce n'est pas après avoir appris que l'on jouit du fruit mais apprendre et jouir vont ensemble ” ( Epicure Sentences vaticanes). Autrement dit il n'y a pas un moment pour philosopher et un autre moment pour vivre : la vie doit être traversée par les méditations philosophiques : “ Il faut rire et ensemble philosopher et gouverner sa maison ” (lettre à Ménécée). Et si la philosophie est nécessaire à la vie c'est qu'elle guérit : “ Philosopher c'est passer de la maladie à la santé pour être heureux ”.

Mais si la philosophie est une médecine, c'est dans la mesure où elle propose des remèdes, ce qu'Epicure appelle précisément le quadruple remède.

 

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1. Le premier remède : les fausses opinions sur les dieux et la religion ; nous n'avons rien à craindre des dieux.

 

Nous croyons que les dieux interviennent dans nos actions et par suite en sont les juges. À cause de cela nous vivons dans l'anxiété de leur plaire. Or pour Epicure, il faut arrêter toute cette mascarade car, pour lui, les dieux sont des êtres parfaits qui ne se soucient guère des affaires humaines. Ils ne réclament rien de notre part car ils n'ont absolument besoin de rien.

Epicure dénonce donc la fausse piété qui engendre les horreurs de la religion et de la superstition. Epicure s'attaque donc à la base même de la superstition et pourtant il n'est pas athée : les dieux, pour lui, vivent dans des intermondes qui nous sont inaccessibles où ils sont parfaitement heureux. En fait les dieux n'ont comme rôle que d'être les modèles explicatifs de l'éthique. Ils inspirent nos vies par ce qu'ils sont et non par ce qu'ils font, ils sont les modèles pour nous de ce qu'est l'ataraxie et le bonheur absolus puisque : “ nous avons à vivre comme des dieux parmi les hommes ”.

 

 

2. Le deuxième remède : “ La mort n'est rien par rapport à nous ”

 

Nous avons d'emblée à purifier notre joie de vivre de toute crainte de la mort et cette purification est la condition négative de la mort. On entretient les hommes dans la peur des enfers, on les persuade que la mort est une chose affreuse qu'ils ont à éviter à tout prix. Epicure, au contraire, tente de nous libérer de cette crainte grâce à sa philosophie de la nature (= physique) qui stipule que tout est périssable y compris l'âme. Or, si connaître c'est sentir et que la mort est la privation de toute sensation, alors au moment où la mort advient on ne sent plus rien puisqu'on n'est plus : Ce n'est certes pas un bien mais ce n'est pas non plus un mal.

 

 

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3. Troisième remède : La régulation des désirs.

 

Tout d'abord il est nécessaire de souligner que le plaisir est la norme du bien et du mal et par conséquent qu'un homme ne doit faire rien d'autre que de chercher son plaisir. Mais ici il convient de distinguer différentes origines du plaisir et donc types de désirs qui ne sont pas équivalents quant au bonheur :

 

a) les désirs naturels et nécessaires.

Ce sont les désirs naturels qui nous ouvrent aux plaisirs qui découlent de la satisfaction de besoins vitaux, comme manger, boire, dormir. Ces plaisirs naturels constituent l'essence même du bonheur et donc, ils sont suffisants à eux seuls pour nous rendre heureux. Tous les autres plaisirs sont non seulement superflus mais encore ils risquent d'être nuisibles au bonheur. C'est donc par la limitation de nos désirs, par un retour à la limite naturelle, que l'on parviendra au bonheur qui est la paix avec soi-même (ataraxie = absence de trouble) et avec autrui (amitié).

 

b) les désirs naturels et non nécessaires

Ils concernent essentiellement le désir sexuel et, en général, tous les désirs naturels dont la non-satisfaction n'est pas cause de douleur. Ici en fait, ce que critique Epicure c'est la débauche et la démesure dans les plaisirs de la chair. En effet, la nature définit par avance ce qui suffit à chaque homme : telle quantité de nourriture et l'on atteint avec assurance la satisfaction. Il suffit d'un peu d'eau pour ne plus avoir soif et être satisfait, cela ne sert donc à rien et est même nuisible pour la santé de boire plus qu'il n'est besoin sans parler du fait même de boire autre chose que de l'eau. Cela nous montre que la nature est une norme pour la vie de la mesure où elle est ce qui fixe la mesure et la limite.

 

c) Les désirs vains

Ce sont tous les autres désirs non naturels et en nombre illimités, que créent notamment la civilisation et les progrès techniques (le goût du luxe, l'ambition, l'avidité, etc.), qu'il faut absolument fuir si l'on veut atteindre le bonheur.

 

En fait, ce qu'il faut remarquer c'est que le bien pour Epicure est d'essence négative : il relève effectivement de la suppression d'un manque (boire quand on a soif) : “ Ce qui cause une joie insurpassable, c'est le grand mal que l'on vient d'éviter et cela est la nature du bien ”. “ Le bien est cela même : d'éviter le mal ”.

 

 

4. Quatrième condition du bonheur : le pouvoir de supporter la douleur.

 

La douleur est ainsi faite qu'au moment où je souffre énormément cela est très bref, la douleur s'annule elle-même. Et si la douleur persiste, c'est qu'elle est moins intense et donc supportable. Et ici il faut souligner qu'Epicure sait de quoi il parle puisqu'il souffrait lui-même d'une maladie extrêmement douloureuse.

En outre on peut enrayer la douleur par le souvenir de tous les biens que l'on a déjà vécus ce qui suppose que l'homme ne soit pas oublieux. En effet, pour Epicure, au moment où je me souviens d'un plaisir passé, il me rend à nouveau heureux.

 

La Lettre à Ménécée - Epicure - LE GAI SAVOIR

durée : 01:01:50 - LE GAI SAVOIR - par : Raphaël Enthoven - Emission en partenariat avec Philosophie Magazine qui consacre un dossier à Epicure dans son numéro de janvier, en kiosque du 23 janvier au 20 février 2014. Il est de ces temps, dit Jean Salem,...

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stoicisme: vertu et sagesse

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2. Vertu et sagesse

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On a vu que, pour Epicure, le bonheur est le but de l’existence c’est-à-dire que, par définition, tout homme cherche à être heureux or pour Épicure, le bonheur est un équilibre entre le plaisir et la raison.

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Pour les stoïciens, en revanche, et plus particulièrement Epictète, le plaisir et la raison sont des choses totalement incompatibles parce que le plaisir est un sentimen  lié à notre sensibilité c’est-à-dire notre animalité. Faire du plaisir le critère du bonheur c’est donc réduire le bonheur à quelque chose d’animal, or être un homme c’est justement pouvoir dépasser son animalité. Voilà pourquoi, il ne faut plus définir le bonheur par rapport au plaisir mais comme le plein épanouissement de son humanité, comme ce qui constitue l’excellence de l’homme, à savoir la vertu (arété en grec)

Aujourd’hui on a une mauvaise définition de la vertu être vertueux c’est se retenir, se brimer, se brider. La vertu est uniquement vue comme privation. Pour les grecs, en revanche, la vertu c’est un maximum, ce qui constitue l'excellenece d'un être et précisément qu’est ce qui constitue l’excellence de l’homme ? C'est de développer sa raison. Plus on développe sa raison plus on est soi-même.

Rechercher le bonheur, c’est donc rechercher la vertu , c’est-à-dire développer sa raison , c’est-à-dire philosopher. Voilà pourquoi , le bonheur ne dépend ni de l’argent ni des biens matériels ni du plaisir mais il dépend d’un changement intérieur qui consiste à suivre sa raison.

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Par conséquent, pour être heureux il ne faut pas compter ni sur la chance ni sur la possession de biens et justement, comme on l'a déjà vu, le grand problème de notre époque c’est qu’on confond ETRE BIEN et AVOIR des biens. Or, on a beau avoir tous les biens du monde on ne sera pas heureux si on n'est pas d’abord bien avec soi-même , voilà pourquoi le bonheur passe par un changement intérieur qui consiste à se CONNAITRE SOI MEME , prendre conscience de SOI, SAVOIR  que CONTRAIREMENT aux animaux notre vie ne se réduit pas au plaisir mais être un homme c’est être doué de raison.

Toute le sagesse (bonheur) consiste en un changement intérieur qui suppose de suivre sa raison et non pas ses passions.

Qu’est-ce que la passion : Spontanément  on croit que la passion c’est un élan, un désir qui nous porte et qui nous donne la force de tout accomplir (renverser les montagnes) et donc le désir semble être quelque chose de positif dans la mesure où il nous permet de nous surpasser, de nous dépasser d’aller au-delà de nous-même , or les stoïciens insistent sur l’idée que la passion est incontrôlable et surtout destructrice. En effet, la passion est toujours exclusive, on ne pense qu’à elle, on ne vit que pour elle et on a tendance à se confondre avec ses passions c’est-à-dire qu’on ne fait qu’un avec elle (cf. Phèdre de Racine). En un mot, on va se perdre dans sa passion.

Par exemple, supposons que l’on tombe amoureux, au début cet amour fait que je me sens bien, porté, je n’ai jamais été autant moi-même que quand je suis avec la personne que j’aime. Je trouve le sens de mon existence  dans sa présence, or la passion crée toujours un manque qui fait que même quand je suis avec celle que j’aime, sa présence ne me suffit plus, je veux qu’elle soit toujours là encore plus là et qu’elle porte toujours son attention sur moi. Dans la passion on va consumer l’autre, on va perdre l’autre, on va le détruire et surtout on va se perdre soi-même. Voilà pourquoi, la passion est contraire au bonheur et si on  veut réellement être heureux, il faut chercher à se libérer de toute passion, c’est ce que les stoïciens appellent apathéia = indifférence.

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Supposons qu’on assiste à un accident on voit son meilleur ami, gisant par terre, si on cède à ses passions, à ses émotions on va adopter un mauvais comportement, on va paniquer et se précipiter donc faire n’importe quoi. Celui qui est dépassionné, indifférent c’est celui qui va rester lucide, rester conscient et faire exactement ce qu’il faut faire ou en tout cas au mieux. Dès lors, le sage c’est déjà celui qui est conscient de ce qu’il peut.  Savoir ce qu’on peut et en fonction ce de qu’on peut faire au mieux de ses capacités et aussi savoir ce que l’on veut. Et savoir ce que l'on veut justement, c'esr apprendre à changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde, c’est-à-dire apprendre à vouloir ce qui est et donc le stoïcien n’est pas résigné mais il apprend à connaitre les choses telles qu’elles sont pour pouvoir mieux agir dessus.

-          Supposons qu’on joue au poker, on ne peut pas choisir son jeu et si j’ai seulement une paire de 7,  je  ne dois pas faire la tête, être triste ou malheureux et conséidérer que la partie est perdue, bien au contraire, je dois jouer au mieux. C’est pareil dans la vie, quelque soi ma position, je dois faire au mieux. Perdre ou gagner, échouer ou réussir, ça ne dépend pas de moi mais bien vivre ma vie et faire tout ce qu'il m'est possible de faire, cela ne tient qu'à moi.

L’idéal+stoïcien_+l’impassibilité+du+sage

La base du stoïcisme c’est que l‘homme est donc maitre de lui-même et pour cela il faut qu’il prenne conscience de lui-même.

 

 

 Remarque : bonheur et vérité

 

 

Nozick cherche à critiquer une conception courante du bonheur : celle qui voudrait que le bonheur consiste dans le plaisir ou plus précisément dans la satisfaction de nos désirs . Il va inventer une expérience qui va prouver qu‘il y a des choses plus importantes que le bonheur et donc qu’aucun homme ne veut être heureux pour être heureux si ça consiste uniquement à se faire plaisir et à jouir de la vie.

Supposons ''une machine à expériences'', branchée directement à notre cerveau et qui peut nous faire vivre l’expérience que l’on désire, nous procurer un maximum de bonheur. On dira que le bonheur que nous fait vivre cette machine, est une illusion dans la mesure où, nous qui vivons cette expérience, sommes en réalité en train de flotter dans un réservoir, des électrodes fixées à notre crane. Pourtant ce bonheur que l'on expérimente est bien réel. Qu’est ce que la réalité en effet ? La réalité c'est la somme des expériences que l’on vit. QU'est-ce qu'une expérience? C’est un ensemble de sensations qui sont interprétées par notre cerveau. En clair, la réalité ce n'est jamais qu'un ensemble de stimuli cérébraux. Voilà pourquoi celui qui, branché à la machine à expérience, ressent une sensation durable et maximal de bien-être, est réellement heureux. Et donc si le bonheur que je vis dans la machine est réel, pourquoi je ne me laisserai pas brancher? Pourquoi je préfèrerais rester dans cette pseudo réalité actuelle où je ne suis jamais sûr d’être heureux. La vie réelle est imparfaite et a de forte chance d’être malheureuse car on ne peut pas satisfaire tous nos désirs.

Faut-il dès lors préférer le bonheur à la vérité ou la vérité au bonheur ?

- Si on choisit d’être branché à la machine, alors cela signifie qu'on a une conception du bonheure purement égoiste, qu'on ne vit que pour soi-même, peu importe les autres, peu importe le monde.  

- Choisir la vérité, c’est accepter que la réalité ne corresponde pas à nos désirs mais c'est être  en lien avec le monde être en lien avec les autres mais aussi être en lien avec soi-même car comment pourrait-on être véritableemnt soi-même  sans les autres? 

Plus précisément, choisir la réalité, c'est se choisir soi-même, car c'est à travers l’épreuve que l'on fait du monde que l’on arrive à devenir soi-même. En ce sens, un homme qui passerait son temps à satisfaire ses désirs, à vivre de ses passions, vivrait dans un rêve. Choisissant de rester dans l'inconscience, il ne parviendrait jamais à se réaliser et il se perdrait lui-même.

CLa machine de Nozick (l'expérience)


J'aimerais pour cette semaine soumettre à votre réflexion une expérience de pensée très célèbre parmi les philosophes, issue d'un ouvrage du philosophe américain contemporain Robert Nozick : Anarchy, State, and Utopia [1]. " Supposez qu'il existe une machine à expérience qui soit en mesure de vous faire vivre n'importe quelle expérience que vous souhaitez.

http://www.philo-du-bonheur.fr

 

La machine de Nozick (implications philosophiques)

Dès sa publication, l'expérience de pensée de Nozick a suscité de nombreux commentaires dans le monde académique. L'immense majorité des gens ne se brancheraient pas. D'abord, et c'est l'angle sous lequel la majorité des objections ont été apportées : il semble que nous ayons une préférence " naturelle " pour la vérité.

http://www.philo-du-bonheur.fr

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Platon: désir et raison

Platon et la transcendance des désirs

3. La transcendance du désir

 

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LA TRANSCENDANCE DES DESIRS

a) L’amour et la connaissance de soi

- Transition

Si on définit l'homme comme un être de pure raison alors pour devenir pleinement soi-même, il faut exercer sa volonté, lutter contre ses désirs, lutter contre les passions. De ce fait, la vertu consiste à rester maitre de soi en toutes circonstacnes, âtre pleinement soi-même.  Or, comment pourrait-on être pleinement soi-même si on commence par nier une partie de soi ? En outre, celui qui passe son temps à aller contre ses pulsions, contre ses désirs, est-ce qu’il ne nie pas sa vie ?

Or si vivre c'est désirer et que le désir est l'essence de l'homme alors plutôt que de lutter contre ses désirs, il faut, selon Calliclès, dans le Gorgias de Platon, vivre pleinement, toujours désirer plus et chercher à avoir plus. Or, l'illusion propre au désir, c'est de nous faire croire que c'est dans la satisfaction qu'on va s'épanouir alors qu'on s'y perd. Pourquoi ? Parce qu'on perd toute liberté, on devient l'objet de ses désirs. Et donc, on arrive à l'idée que l’on ne doit ni aller à l'encontre de ses désirs ni se laisser aller à désirer n'importe comment. Il faut donc apprendre à maitriser ses désirs.

- La maîtrise des désirs

On peut prendre trois images de Platon pour montrer comment on pourrait allier désir et raison : 

 

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- Le tonneau (Gorgias) : Platon compare l'âme à un tonneau. Supposons que j'aie un tonneau percé, quel que soit les efforts que je fais pour le remplir je suis condamné à l'échec. De même si mon âme est corrompue,  pervertie, quel que soient les efforts que je ferai pour satisfaire mes désirs et être heureux, mes efforts  seront vains. Voilà pourquoi de même qu'avant de chercher à remplir un tonneau, il faut commencer à en prendre soin, le réparer, pour ensuite pouvoir le remplir aisément, de même avant de satisfaire ses désirs, il faut d'abord prendre soin de son âme, il faut se connaître soi-même. La connaissance de soi est donc la condition du bonheur et une fois qu'on se connaît soi-même il devient facile d'être heureux.

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Attelage (Phèdre) : Platon compare l'homme à un attelage composé d'un cocher et de deux chevaux ailés, un blanc un noir. Le cheval blanc est docile et il adore s’élever en revanche le cheval noir n'en fait qu'à sa tête et dès qu'il voit au sol un objet qui lui plaît, il fonce vers lui provoquant la chute de l'attelage. Platon insiste sur l'idée qu'il ne sert à rien de brimer en permanence le cheval noir parce qu'il va devenir de plus en plus rétif. En fait, il faut faire en sorte que les deux chevaux aient le même objectif. De même l'homme est un attelage composé d'une âme, d'une raison et de désirs. Il ne sert à rien de lutter en permanence contre ses désirs parce que soit on n’avance pas soit on tombe, il faut donc allier les désirs avec la raison. En clair, on ne peut pas être heureux si on commence par être ennemi avec soi-même. Pour être heureux il faut être en accord, en paix avec soi-même.

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Voilier (République, I) : Dans un voilier,  c'est le pilote qui doit utiliser la force des vents et des courants pour aller là où il veut. Supposons qu'il n'y ait pas de pilote,  le bateau va être à la merci des vents et des courants, il va finir soit par sombrer soit par s'échouer. De même,  en l'homme c'est la raison qui doit être le pilote. Un homme sans raison c'est comme un bateau sans pilote donc il finit par éhouer.  C’est la raison, en nous, qui doit décider et donc il ne faut pas se laisser emporter par ses désirs. De même que le bon pilote peut décider de naviguer contre vents et marées, on peut, si on juge cela plus raisonnable, décider d'aller en l'encontre des désirs mais cela au prix d'énormément d'efforts. L'idéal, pour Platon, c’est de savoir surfer sur la vague de nos désirs pour mieux se laisser porter et aller où l'on veut.

En clair, plutôt de voir les désirs comme un obstacle qui nous empêche de nous épanouir, devenir pleinement nous mêmes, il faut voir nos désirs comme une force qui nous permet de nous dépasser, d’aller au-delà de nous même pour nous réaliser.

 

- La connaissance de soi 

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Par conséquent, pour être heureux il faut donc savoir trouver l’harmonie, être ami avec soi-même. Mais le problème des hommes c’est qu’ils passent le temps à être en désaccord avec eux mêmes, et même pire, à s’ignorer eux mêmes. Voilà pourquoi, il est nécessaire de chercher a connaître soi-même.

Dans le Gorgias, justement, Platon va réfléchir sur ce que c’est se connaître soi-même, et il insiste sur l’idée qu’il y a une pluralité en soi. Il y a trois parties dans le soi, l'âme, le corps et tout ce qui se rapporte plus largement au soi. Ces trois éléments constituent ce que je suis. Ils sont essentiels mais ne sont pas aussi importants. L'âme est plus essentielle à la définition de soi que le corps, qui prime quant à lui sur tout ce qui se rapporte au soi ( positions sociale, métier, possessions, etc.). A chacune de ces parties, correspondent des biens qui pris ensemble constituent le bonheur.

Les biens qui correspondent à ce qui se rapporte à soi, sont les bins matériels. Les biens qui se rapportent au corps sont la santé et la forme. Dès lors, il n'y a pas à rejeter les biens matériels ni à les fuir mais comprendre que s'ils font partie du bonheur, ils sont moins essentiels que la santé et la forme, qui, eux-mêmes, passent après le bien le plus important, le souverain bien, le bien de l'âme.

Des lors, la question essentielle qu'il nous reste à examiner c’est qu’est-ce que le souverain bien ?

 Dans l'Alcibiade majeur Platon va justement chercher à répondre à cette question à travers une image: l'image de l'oeil. Platon va comparer l’âme a l’œil : l’œil c’est ce qui a la faculté de tout voir, mais qui ne peut pas se voir lui-même immédiatement. Il lui faut la médiation d’un miroir. Or, au fond de l’œil il y a justement un miroir, qui permet à celui qui me regarde en face dans les yeux de se voir lui-même. De même, l’âme a la faculté de tout connaître, mais qui ne se connaît pas elle-même, et qui ne peut se rapporter à elle même qu’a travers un miroir, quel est le miroir de l’âme ? Platon ici fait un jeu de mots : le mot grec choré, qui signifie pupille, désigne également la personne aimée.  . Autrement dit, c’est dans l’amour/amitié que l’âme s’apparaît à elle-même, qu’elle se connaît.

Apprendre+à+se+connaître+est+très+difficile+[

 

Donc, le désir, sous la forme de l’amour, est essentiel pour se connaître, pour bien être soi-même/s’identifier. Le désir est donc essentiel à l’âme, c’est le bien de l’âme. Voilà pourquoi, ce n’est certainement pas en s’opposant à ses désirs qu’on peut devenir pleinement soi-même, bien au contraire, le désir c’est ce qui permettra à l’âme de se réaliser.

 

 

Par conséquent, Platon va mettre en lumière la dimension positive du désir qui dans sa négativité est ce qui permet à l'âme de s'élever. Plus précisément, Platon va utiliser un mythe pour nous faire comprendre cette ambiguïté du désir : c’est le mythe de la naissance d’Eros.

b) L'ambiguïté du désir: Le mythe de la naissance d'Eros

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En clair, il y a une double nature du désir, il est vrai que c’est un manque d’être qui nous pousse à être insatisfait de ce qui est et de ce qu’on est mais c’et précisément cette insatisfaction qui va nous forcer à aller au-delà de ce qui est et de nous-même. Voilà pourquoi on parle de la transcendance du désir, il faut insister sur l’idée que le désir nous élève, vers l’absolu : le désir nous prend au plus bas de nous-même et nous fait gravir les échelons.

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Le désir va se porter sur un objet ici-bas, vers ce beau corps et donc je vais aimer une personne pour la beauté de son corps : mais de l’amour de ce beau corps je vais passer à l’amour des beaux corps. Et par-delà des beaux corps, on commence à aimer les belles occupations. Des belles occupations on passe à l’amour de la science et de la connaissance. De cet amour du savoir on passe à l’amour de l’absolu, à l’amour du beau lui-même. On retient donc que le désir élève l’homme vers la spiritualité, la beauté absolue, voilà pourquoi ce n’est pas en limitant ses désirs qu’on développe sa spiritualité, bien au contraire, c’est en se laissant porter par ses désirs.

 

Les paradoxes du désir (1/4) : Platon : le désir amoureux est-il raisonnable ?

Aujourd'hui, premier temps de notre semaine consacrée au désir. Et c'est à travers le Banquet de Platon que nous allons essayer de cerner un de ces aspects. Pour nous en parler, nous avons le plaisir de recevoir FulcranTeisserenc .

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Posté par Salllamine à 09:04 - Commentaires [0] - Permalien [#]